La nécessité et l’importance de connaître notre histoire.
Il est nécessaire de connaître sa propre histoire pour reconnaître sa propre identité, l’actualiser et la maintenir afin de se souvenir du passé, vivre intensément le présent et s’ouvrir avec confiance au futur. C’est également une manière de grandir ensemble et répondre à la demande de renouvellement que l’Esprit saint inspire, selon les besoins des hommes et des femmes d’aujourd’hui.
Toutefois, l’histoire ne doit pas être uniquement connue comme une série de dates, d’événements et de personnes, mais, surtout, comme un ensemble d’idées, d’attitudes vitales et de choix pastoraux qui, au fil du temps, ont donné naissance au MCC (Mouvement de Cursillos de Chrétienté), et de comprendre le « pourquoi » du mouvement, son essence et sa mentalité.
Cela suppose connaître les circonstances de l’histoire, le contexte, qui a posé une série de problèmes et de possibilités. Comment, dans la démarche, est-il possible de résoudre ces problèmes et concrétiser les notions de base.
La situation générale en Espagne.
Le mouvement de Cursillos est né en Espagne, concrètement dans l’île de Majorque, dans les années 40s.
Dans cette approche, il faut prendre en considération une série d’antécédents sociaux et religieux, qui ont marqué la réalité de l’époque. L’Espagne vivait une situation de reconstruction d’après-guerre (la Guerre civile espagnole dans les années 1936-1939) dans un climat de changement et d’insécurité. La situation religieuse était également complexe. L’Église avait vécu une expérience très difficile pendant la Guerre civile (insécurités et persécutions).
Dans la période d’après-guerre, il y a eu un processus de restauration dans lequel le christianisme était la religion officielle et, apparemment, la société espagnole l’était aussi. De manière générale, il s’agissait simplement d’un « christianisme social », sans vie chrétienne authentique et cohérente.
Dans cette situation, l’Action Catholique, largement implantée en Espagne, veut promouvoir une plus grande authenticité et implication des laïcs dans la vie de l’Église. À cette fin, la section jeunesse, les Jeunes de l’Action Catholique Espagnole (JACE) reprend un projet antérieur à la Guerre civile : un grand pèlerinage des jeunes à Saint-Jacques de Compostelle, qui se tiendra en 1948.

Pour le pèlerinage, le Conseil National de la JACE, dirigé à cette époque par Manuel Aparici, conçoit une intense préparation spirituelle qui se concrétise par la célébration du Cursillos «des responsables de pèlerins» diocésains, dirigés par des membres du Conseil National de la JACE et Cursillos «des avancés de pèlerins» paroissien, dirigés par les membres des Conseils diocésains.
Les commencements du Mouvement de Cursillos
À cette époque, le conseil diocésain des Jeunes de l’Action Catholique de Majorque était très actif et les jeunes de l’Action Catholique de l’île participèrent intensément aux activités de préparation du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle de 1948, principalement dans les Cursillos des responsables de pèlerins. Il y avait un groupe de jeunes bien formés unis par les mêmes attitudes et critères, d’une inquiétude apostolique notable mais avec une claire insatisfaction des approches pastorales actuelles.

Dès le primer Cursillo, l’invocation à l’Esprit saint a toujours été accueilli et partagé par un groupe de personnes, notamment par Eduardo Bonnín, un laïc très important au sein de la communauté et de certains prêtres comme Mgr. Sebastian Gayá et l’évêque de Majorque de l’époque, Mgr. Juan Hervás.
Ils ont développé, ce que nous pourrions appeler aujourd’hui une nouvelle forme d’évangélisation, en particulier auprès des personnes éloignées de Dieu et de l’Eglise, connue plus tard sous le nom de Mouvement de Cursillos.
Dans les années 1944-1949, un intense travail d’étude, de réflexion et d’expérimentation a été mené. Certaines idées ont été prises des Cursillos de l’Action Catholique adaptant leur méthode à un nouvel objectif.
La graine plantée par l’Esprit saint s’épanouit en quelque chose de nouveau, quelque chose qui toucherait tout le monde, y compris ceux qui s’étaient éloigné de Dieu, et permettrait que le contenu essentiel du christianisme soit saisi dans toute son intensité même par ceux qui vivaient en marge de la religion. Avec la grâce de l’Esprit saint et de ce travail naît les Cursillos de chrétienté, quelque chose de nouveau et de différent pour son approche et son objectif.

Alors que les premiers Cursillos prenaient forme, un mouvement se dessinait avec une série d’éléments distincts :
- Un groupe de personnes qui partage une même idée
- Un objectif : charpenter la Chrétienté
- Une méthode efficace pour atteindre l’objectif souhaité
- Une organisation structurée
Le point décisif a été la formation de la mentalité, la pierre angulaire qui façonne le mouvement.
- La perception de la réalité : dans un monde éloigné de Dieu, une vie qui a cessé d’être chrétienne.
- La demande d’une nouvelle réponse évangélisatrice qui renouvellera le monde de l’intérieur.
- La croyance ardente qu’un nouveau monde exige des hommes et des femmes transformés.
- La certitude que le monde était le lieu de salvation.
- La conviction que le christianisme était la solution à tous les problèmes de l’homme et du monde ; possible pour qui que ce soit, même pour ceux qui vivait loin de Dieu.
- Redonner la vie au Christianisme, et devenir un apôtre qui pourra transformer les entourages.
C’est dans cet esprit qu’une nouvelle façon d’évangéliser a été établie.
- Considérant la réalité concrète de chaque personne.
- En faisant découvrir et permettant de vivre le fondamental du christianisme.
- En essayant d’être un apôtre dans tous les entourages.
Ainsi, de la mentalité découle la méthode stratégique qui caractérise le mouvement.
Le mouvement, lancé dans les années 1940, est devenu une réalité dans le diocèse de Majorque, se consolidant dans les années suivantes.
En France

Il y eut un Cursillo, à Perpignan, dès 1961, à la demande de l’évêque lui-même, mais ce cursillo n’eut pas de lendemain. En 1993, le cursillo refait surface mais cette fois, à Paris, au sein d’une communauté vietnamienne. C’est le début d’une série de cursillos annuels en vietnamien.
En 2001, des cursillistes d’Espagne animent le premier d’une série de cursillos au profit des hispanophones de Paris. C’est en 2003 que repart le MC pour les Français de souche, avec l’aide des cursillistes vietnamiens et espagnols de Paris et une collaboration très spéciale des cursillistes francophones du Canada.
Depuis 2001, nous avons célébré 33 Cursillos en espagnol et 20 en langue française. Soit près de 500 personnes qui ont fait leur cursillo en France.
Un Mouvement universel
Vingt ans après sa fondation, le MC avait déjà rejoint les cinq continents. Aujourd’hui, les Cursillos sont en marche dans plus de 60 pays et environ 1500 diocèses dans le monde.
Ajoutons que le MC a aussi débordé le Catholicisme. Plusieurs communautés protestantes ont leur propre Mouvement des Cursillos, notamment les Anglicans et les Épiscopaliens qui l’ont adopté intégralement. D’autres, comme les Méthodistes, les Presbytériens ou les Luthériens, en ont modifié certains aspects et adopté des noms divers mais on y retrouve fondamentalement le même but et la même méthode.
De plus, à l’intérieur de l’Église catholique, plusieurs Mouvements sont issus du Cursillo. Selon certaines estimations, le nombre d’hommes et de femmes d’origine, de langue et de religions chrétiennes diverses ayant suivi un Cursillo ou Mouvements connexes, depuis sa fondation, approche les quarante-cinq millions.

« La petite graine semée en Espagne il y a plus de 50 ans, est devenue un grand arbre riche des fruits de l’Esprit » (Jean-Paul II, Ultreya 2000)
SOURCES
Site du Mouvement de Cursillos au Canada : www.cursillos.ca
Site de l’Organisation Mondial de Cursillos : www.cursillosdecristiandad.net
